16.05.2012
Le miracle de l'amour...
Je me suis remise à lire !
J’explique : pour avoir l’occasion de d’admirer mon amoureux (un libraire qui ressemble à un ourson à la guimauve avec une barbe), je suis obligée d’acheter des livres (et de les lire au cas où on se parle un jour). Lors de ma dernière visite, j’ai raflé ce qu’il y avait sur l’ilot central histoire de pouvoir le reluquer (c’est beaucoup plus discret que d’être face à une étagère avec la tête façon l’exorciste.) Pour l’instant je me contente de reluquer, je n’ose pas lui parler, il a l’air intelligent et j’ai bien peur qu’il me conseille des livres trop compliqués pour moi. En plus, et ça n’aide pas, il est responsable du rayon polar alors que je n’aime pas ça… du tout (ça promet des repas animés voire de la vaisselle qui vole)(faudra qu’on mette des casques à nos enfants)(ou à nos chats).
Les romans suivants m’ayant permis de créer un contact visuel furtif avec l’être aimé (à moins qu’il regardait sa collègue derrière moi), je ne les déteste pas complètement (mais presque quand même).
Alors on a un homme déprimé, désœuvré, quitté par sa femme, en manque affectif sérieux, qui traverse le pays avec un vague projet à la con lié à un vague projet à la con lui-même lié à des brosses à dents. Le clou de cette histoire est la relation affective que le héros, Sim (déjà, au niveau de la représentation mentale, ça n’aide pas) entretient avec la voix de son GPS. Moi, le matin, je dis bonjour à Désirée la Chaudasse et après ma douche, je lui dis merci, autant vous dire qu’il en faut plus qu’un mec amoureux de son GPS pour m’impressionner.
Pourtant ça a été acclamé…Une vibrante variation sur l’ultra moderne solitude… c’est tellement révolutionnaire, tellement inédit… Ah oui ?
Ajoutez à ça, une fin en forme de « Excusez-moi mais j’ai mieux à faire que d’écrire une fin : j’ai piscine » et vous avez une de mes pires déceptions de ces derniers mois.
Finalement plus surprenant là dedans, c’est la signature sur la jaquette (que se passe-t-il?), et le travail incroyable de la traductrice qui nous francise même les chaines de télé (M6 fait donc une entrée fracassante dans la littérature anglaise)(au même titre que Sim, le comique).
Bref : ennui…

J’avais adoré « Ce qui a dévoré nos cœurs », le jeu des voix narratives, les récits enchâssés mais là, ça n’a pas marché. Trop de voix, trop d’époques. Ca part d’une tuerie, une famille exterminée dans une ferme pour laquelle des innocents ont été lynchés parce qu’ils étaient indiens. Après, ça part dans tous les sens sur plusieurs générations des familles concernées par ce fait divers. Je suppose qu’à la fin on sait qui a tué mais je n’ai même pas compris qui c’était. Je l’ai lu jusqu’au bout sans aucun plaisir vu que j’étais sans arrêt en train d’essayer de comprendre de qui ça parlait, de quelle famille, de quelle génération et quel était l’intérêt par rapport à l’intrigue. Et même si certains personnages sont à mourir d’amour, les vieux indiens cabotins, malins et méchants et la petite fille de ceux-ci, ça ne suffit pas. Bref, cette lecture a été une réelle souffrance car je me suis sentie nulle tout le long. Nulle de ne pas me souvenir, de ne pas comprendre, de ne pas voir l’intérêt. Après l’échec qu’avait été la lecture de « la chorale des maîtres bouchers », je crois que je vais laisser tomber Louise…
Bref : souffrance…
Ca se passe dans un pays du Nord du Nord, il aime les fleurs, il a un frère un peu lent, un papa un peu poule, un enfant complètement accidentel et une mère complètement morte. Un peu comme un hommage à sa mère, il décide de partir redonner vie au jardin d’un monastère, en France. Et bien-sûr, ça va être initiatique.
Best-seller toutes catégories, encore une merveille des merveilles à côté de laquelle je suis passée (à côté très très loin quand même).
Bref : ennui mortel indescriptible
Heureusement que Cathulu est là pour me fournir en vraie littérature…
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14.04.2012
Dérive Pascale (Cathulu power inside le titre!)
Mon comportement face à mes lapins de Pâques a confirmé ce dont je me doutais depuis longtemps : j'ai eu une vie avant ma vie... Ils étaient 7, sagement alignés devant moi, beaux, innocents, rutilants dans leur papier doré et, le temps d'un clignement d'oeil, ils n'étaient plus, papier doré froissé, voire déchiré (voire mâché et recraché).
C'est comme si j'avais eu une absence, vous comprenez? Pour être honnête, ça m'est déjà arrivé face à des assiettes de frites ou à des chocolats de Noël... A chaque fois, je me vois agir, comme si une puissance extérieure prenait possession de mon corps; je me vois enfourner, avaler, déglutir (je ne me vois JAMAIS mâcher) sans fin. Ma coordination, si déficiente en temps normal, devient parfaite : bras, mains, bouche, respiration s'accordent comme dans un ballet de natation synchronisée.
Merci Stoney Calhoun. Aujourd'hui je sais. J'ai compris. Je suis amnésique et dans ma vie d'avant j'étais championne de concours du plus gros mangeur. Et ma vie d'avant ne se manifeste qu'en présence de frites et de chocolats. Un peu comme la vie d'avant de Stoney Calhoun ne se manifeste qu'en présence de méchants qui veulent le taper ou le tuer.
Stoney, il est comme moi, il est pépère. Sauf que lui il est pépère dans sa cabane auprès de sa rivière avec son chien et sa copine qu'est sa copine mais bon faut pas le dire parce qu'elle est mariée et qu'en plus elle est son boss... Mais Stoney, il n'est pas chiant, tout lui va ; et si ça ne va pas, il se fait cuire un steack et ça va mieux.
Sauf que ce bel équilibre so "nature writing" va voler en éclat le jour où... le jour où ça va voler en éclat et où Stoney va devoir mener une enquête pour trouver pourquoi ça a volé en éclat... Au cours de l'enquête, il va déployer des techniques à la Jason Bourne et à la Bruce Lee qui vont quand même lui mettre la puce à l'oreille que dans sa vie d'avant, il n'était pas toiletteur pour chiens.
Bon, c'est bien, c'est sympa, ça se lit vite, mais ça ne m'a pas transcendée non plus, Stoney manquant un peu d'humour (n'est pas Dahlgren qui veut...). En fait je suis mitigée. Je suis mitigée parce que j'ai vécu un drame avec Stoney. Le drame ultime. J'étais prête à le faire rentrer au panthéon des héros baroudeurs balafrés sexy poètes et lettrés, ceux qui sont so séduisants parce que leur finesse d'esprit et de langage est so en contraste avec la rugosité de la peau de leur torse. Bref j'étais prête quoi. Jusqu'à ce que je me lance dans le deuxième tome. Où Stoney prononce des phrases telles : "le bon dieu vous a donné une quéquette, c'est pour pouvoir pisser par dessus bord", et autres joyeusetés, où il parle comme un gros beauf, ne met plus de négations nulle part (autant vous dire que ses citations de Thoreau paraissent du coup à peine croyables...) et où sa copine devient limite une grosse pouf.
D'abord j'ai cru que j'avais loupé un tome, tome où il aurait subi un traumatisme crânien. Mais non. Quand j'ai compris, j'ai été glacée d'effroi... Changement de traducteur... la douce Camille Fort- Cantoni ayant été remplacée par le... par François Happe. Ca m'a tellement énervée que j'ai failli balancer le livre contre mon mur (je l'ai juste balancé par terre, moins "drama queen" mais moins dangereux pour mes peintures.) C'est quand même dingue de changer le traducteur d'une série non????? Moi ça me révolte parce que, du coup, on ne sait plus qui est fidèle, on ne sait plus si on aime l'auteur (parce que si Tapply écrit comme dans le deuxième tome, je n'adhère pas du tout). J'ai même failli écrire à Oliver pour lui réclamer la vérité (mais bon, le temps passe, la colère aussi).
Le troisième tome m'attend mais il est traduit par Happe alors il va attendre un peu encore...
12:13 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
09.10.2011
I was having a bath when the telephone rang...
...ou presque. Je m'apprêtais à écrire que ce blog était en pause pour une durée indéterminée confinant au toujours quand mon frère m'a téléphoné pour me raconter qu'il avait été attaqué par un renard. Que la communaité renardophile reste calme, nous savons que les renards n'attaquent pas l'homme. Mais il s'agit de mon frère et la génétique de la loose est plus forte que la génétique animale.
Il finissait son jogging dans la montagne (sans commentaire), était dans la descente lorsqu'il a croisé le regard du renard, renard qui l'observait en surplomb (là s'en est suivi une explication géographico-géologico-orientationniste que j'ai cessé d'écouter dès la troisième seconde, me contentant de 'humhums' intelligemment placés) (le plus difficile dans la pratique du 'humhum' est de ne pas louper le moment où il faut raccrocher la conversation pour de vrai)(je maîtrise à mort).
Mon frère, homme très rapide dans sa tête, estime (nous passons au présent de narration, l'action est intense) en gros l'envergure de saut d'un renard, la multiplie par pi au carré et fait le détour adéquat (le tout sans s'arrêter de courir). TRès fier de lui, reboosté par cette aventure, il augmente l'amplitude de sa foulée tout en s'extasiant sur les merveilles de la nature (c'est sa version, hein, moi je dirais : flippé et pressé d'en finir)... ce jusqu'à ce que son sixième sens lui ordonne de se retourner et qu'il découvre que le renard avait lui aussi décidé d'augmenter l'amplitude de sa foulée.
Et là, mon frère fait ce que, selon lui, toute personne normale aurait fait à sa place (il a argumenté mais j'ai rien entendu parce que j'étais en phase de représentation mentale de la chose et que donc je m'étouffais de rire) : il s'est mis à hurler et à jeter des cailloux sur la gueule de la merveille de la nature, en continuant à courir.
Pendant que Bro'Bouboule me racontait son aventure, je me suis surprise à penser que ce renard devait être Ribboniste. Parce que c'était bien le genre des Ribbonistes de se cacher dans les virages des collines irlandaises pour attaquer leurs compatriotes irlandais qui passaient par là et les trucider. Pas n'importe quels Irlandais, les régisseurs des propriétaires terriens chargés de faire respecter les paiements des loyers, les paysans qui acceptaient de reprendre la ferme d'un métayer expulsé par le propriétaire terrien, et finalement n'importe quel Irlandais gênant (un bon prétexte politico-éthique étant toujours disponible pour justifier l'acte.)
Mais comment sait-elle tout ça, vous demandez-vous (envieux), et bien c'est le genre de choses qu'on apprend en lisant 'Comment tuer un homme' et c'est aussi le genre de choses que découvre Thomas French, venu s'installer dans la ville de Beatonboro' pour remplacer le régisseur de Madame Beaton, zigouillé lui aussi au détour d'une colline. French, qui arrive avec des propositions d'arrangement pour des paysans complètement ruinés et endettés (la grande famine de 1850 n'a épargné personne) devient vite gênant pour les Ribbonistes qui vont en faire l'homme à abattre.
Chouette livre : sujet peu commun, beau style, belle narration... L'auteur nous trimballe de l'univers de French à celui des Ribonnistes où sévissent des pieds nickelés menés par un homme cruel et malin. Les 250 premières pags se dévorent puis ça stagne un peu, on s'éloigne trop de Thomas French à mon goût et il y a une centaine de pages de trop mais, mais, mais, j'ai passé un excellent moment.
Du coup, dans la foulée, j'ai relu les magnifiques pages de "Chimère" (NUala O'Faolain) consacrées à la famine en elle même, sujet que Gebler n'aborde pas de front.
Et non, le génome de la loose ne fonctionne pas sur le principe des vases communiquants, pendant que mon frère se faisait courser par un renard enragé (oui, les choses prennent vite des proportions énormes chez les Bouboule) (la prochaine fois qu'on en parlera, il s'agira d'un renard enragé GEANT), je développais une charmante allergie à un anesthésique dentaire qui me vaut désormais le doux surnom de Quasimodo de la joue. Je vais donc relire Notre Dame de Paris. Lire.
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20.09.2011
Entre mon blog et mon mémoire, je préfère mon blog...
Et je suis sure que Bébert me soutient sur ce coup-là.
C'est donc un miracle qui se produit sous vos yeux : un billet sans photo et sans Canada inside.
Le dernier livre que j'ai lu, c'était au Canada (argh, déjà perdu, les jeux de 20 heures ont pourtant bercé mon enfance). Bon donc, en août (et septembre), j'ai lu un livre. A cause du décalage horaire et de toutes mes activités de ouf, ça a donné ça, en gros :
"La glace." dodo.
"Je me sens toujours plus seul quand il fait froid." dodo.
"Le froid de l'autre côté de la vitre..." dodo.
"... me rappelle celui qui émane de mon propre corps..." mince, j'ai perdu le fil... dodo.
Alors, vous avez reconnu? Bravo Cathulu (qui a reconnu, vu que c'est Cathulu) : 'Les chaussures italiennes' d'Henning Mankell.
A la base Mankell je ne suis pas fan. Les polars, moyen. Les polars suédois, très moyen. Le héros dépressif qui trainent son corps bouffi d'alcool de jeyser en jeyser (oui, je sais, les jeysers gngnagna), très très moyen.
Mais je suis un ermite en devenir et les ermites m'attirent, fussent- ils suédois. Fredrik est donc ermite sur une île depuis qu'il s'est retiré de la vie chirurgicale après "la chose", "la faute","le drame"... Il expie tranquillou et surtout le matin en se plongeant dans l'eau glacée. Chaque jour, il fait le tour de l'île pour vérifier que rien n'a bougé, compte ses fourmis et envoie promener le facteur, livreur, arnaqueur, hypocondriaque. Et il réfléchit.
Belle petite routine qui vole en éclat le jour où une vieille débarque en faisant de la luge sur son déambulateur.
Ce qui, dit comme ça, ressemble a un bon début de film d'horreur est en fait le début d'une aventure humaine pour Fredrik. Si j'étais un poil mélodramatique et adepte de l'intertextualité (quelle poilade cette histoire quand même!), je dirais que cela marque le premier jour du reste de sa vie.
Si j'avais une éthique, je ne me permettrais pas de porter un jugement sur ce roman. On ne juge pas un livre qu'on a lu en dormant. Mais, je suis sans foi ni loi. Le premier compliment que j'adresserais à Henning est que son roman est bien construit et pas compliqué à suivre. Peu de personnages, tous très différents les uns des autres. Une intrigue simple. Ou prévisible...
J'ai été vraiment captée par le début, le décor, le cadre, cet homme qui traine sa culpabilité tout en restant légèrement arrogant, sa façon de vivre le quotidien : à la fois mécanique et sensible au moindre modification de son environnement. Mais bien vite on sait, on comprend... Ca devient nostalgique, un peu brumeux et facile. Pour moi, le roman s'est arrêté lorsque l'intrigue s'est mise en place.
Il paraît que c'est "un chef d'oeuvre. Vraiment." (L'Express). Chez Ali Rébehi, ils ont aussi dit que c'était un chef-d'oeuvre. Moi j'ai trouvé que c'était une charentaise : confortable , facile et rassurant.
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08.08.2011
Duma Key 2 : le retour de l'île qui tue
A la faveur d'une insomnie, je me suis replongée dans Duma Key. Ma motivation était simple : trouver quelque chose de bien chiant qui favorise un endormissement rapide. Vu ma première tentative de lecture, "Duma Key" me semblait idéal. Mauvaise pioche, j'ai lu 200 pages d'un coup d'un seul, impossible de décrocher.Ce n'est pas qu'il se passe quelque choses d'extraordinaire dans ces 200 pages mais, au moins, il se passe quelque chose. Ce qui n'était pas franchement le cas dans les 300 premières.
Du coup, le lendemain, rebelotte, 2OO pages, bien bien.
Et puis, pof, un soufflé qui retombe, une fin qui s'étire, une résolution qui déçoit (pour le fan de Lost à peine remis de sa dépression nerveuse, je déconseille...).
Donc, si on fait les comptes : 300 pages répétitives et lentes, 400 pages au rythme assez soutenu avec une intrigue qui avance, des personnages qui évoluent, 150 pages qui se voudraient "film d'action" mais qui ne prennent pas...
J'ai tendance à mettre les temps morts sur le compte, entre autres, de l'isolement du héros allié à la narration en "je" qui favorise l'atternoiement, la lenteur, l'exploration des méandres psychologiques... Les passages où la mayonnaise prend bien correspondent, eux, aux passages où le personnage de Wireman, le pote du héros, prend de l'ampleur : charismatique, drôle, bad-ass... Il est parfait!
Il y a une double lecture, une métaphore sur le pouvoir destructeur de l'art... Vous vous doutez bien que je n'ai pas trouvé ça toute seule, hein, moi la simple lecture, en général, c'est déjà dur alors une double, c'est pas possible.
07:13 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
01.08.2011
L'expert - Trévanian
Vous vous souvenez de "la sanction" de Trévanian ? J'avais été séduite par le héros qui, faute d'être crédible et cohérent, était drôlissime dans le genre cynique prétentieux misogyne (ça fait envie, hein ?). Même l'intrigue était sympa pour un roman d'espionnage...
Il y a une suite, ouaaaaaaaaaaaaaissssssssssssss!!! Ca c'était moi avant. Aujourd'hui ma question c'est : pourquoi ? Pourquoi avoir commis une suite tellement calamiteuse qu'elle ferait presque regretter d'avoir aimé le premier volet.
L'intrigue est nulle, ne se met en place qu'à la 200 ème page et concerne un malade qui tient un manoir du vice genre snuff movie, torture, pédophilie... Le héros, retiré des affaires d'espionnage va être recruté contre son gré pour aller régler son compte à l'autre malade mental. Vous noterez que je n'ai pas dit : "notre héros"... Non non non... Il n'est plus notre héros. Notre héros était un être brillant, ironique, intelligent, ce personnage là est trivial et vulgaire au point de faire des vannes dignes d'un Michel Cymès en petite forme (et qui serait au Grosses Têtes). Lui, si lonesome cowboy, détaché des choses de l'amour du coeur, tombe amoureux de la première venue et débite des répliques ringardes après l'amour quand, comblée, la fille pose sa tête sur son torse musclé.
Bref, résumons : une intrigue nulle, un héros ringard. Fuyons.
Le New-York Time a dit : Un chef-d'oeuvre.
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29.07.2011
La délicatesse, David Foenkinos

L'autre jour je suis allée dans une librairie et j'ai demandé une lecture doudou. Pendant une demi-heure, j'ai rejeté toutes les propositions de la pauvre libraire : "trop compliqué", trop intello", "déjà lu", "j'aime pas", "je lis pas de français", "trop de personnages", "bof", "j'le sens pas"...
A la fin, elle m'a posé un ultimatum : "Gossip girl" ou "La délicatesse". J'ai senti que là, fallait que je me taise, que j'en prenne un des deux, que je me casse et que je ne revienne jamais. J'ai pris "la délicatesse", non pas par envie mais par fierté.
Je n'avais jamais eu envie de lire ce livre. Je n'avais même jamais lu la 4ème de couverture. Je ne m'étais même jamais intéressée à l'auteur, pourtant auréolé de chouchouïtude (je dois avouer qu'il m'avait limité agacée lors d'une édition "spéciale vacances" de la Grande Librairie...mais je relativise car je déteste tellement le chevelu que je le rends entièrement responsable du petit air suffisant de Foenkinos lors de cette édition).
Je dois avouer que l'argument du roman répondait théoriquement à mon envie d'émotion, d'amour, de confort... Nathalie aime François, François meurt (dès le début, pas de panique, je ne révèle pas la fin), comment Nathalie va-t-elle vivre, survivre, revivre ? "Miam-miam, que je me suis dit, chialesque à souhait". J'ai lu l'incipit et, agréable surprise, un air de Gavalda et d'Amélie Poulain, "Oh baby, ça sent bon" que je me suis dit en poussant mon petit cri spécial "ça sent bon"...
Et puis... plus rien... Je n'ai pas été touchée du tout, le destin de Nathalie ne m'a pas indifférée mais ne m'a pas touchée pour autant. Je l'ai regardée se débattre avec sa peine, ses efforts pour avancer, sa réaction au deuil comme de l'extérieur d'une cloche de verre, sans jamais ressentir d'empathie. Markus, seul coeur palpitant au milieu de tous ces êtres froids, a retenu mon attention, m'a émue par moments. Mais ça n'a pas suffit.
Et puis les notes, les inserts, les extraits de ceci, les anecdotes de cela, les codes de parking ou je ne sais quoi... quel intérêt ? Contrairement à celles de Foer dans "Extrêmement fort et incroyablement près", les petites originalités de présentation et les libertés prises ici ne m'ont rien apporté voire m'ont coupée dans ma lecture.
Donc, un grand bof...
11:47 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
24.07.2011
Pour une valise digne de ce nom : En avant, route!

Après s'être fait péter la panse avec une cousine (ou une copine, je ne sais plus), Alix de saint-André relève un pari complètement fou : faire Compostelle. Now. Sans entraînement. Croyante mais pas bigotte, elle ne pourra pas compter sur sa foi pour la porter vu qu'elle la remet en cause assez régulièrement. Par contre, fumeuse et buveuse praticante, elle partira avec un sérieux handicap niveau forme...
Si elle s'appelait Valérie, Alix de Saint-André, est le genre de fille qu'on appellerait bien Valoche, avec qui on boirait un demi et à qui on donnerait des claques dans le dos. Mais pas trop fortes, les claques, parce qu'elle est quand même vachement intimidante.
Alix de Saint-André c'est un mélange de bonne copine et d'être supérieur qui dégage une aura d'intelligence.
Et son livre, c'est pareil, c'est un mélange de guide de survie et de récit d'aventures avec un petit quelque chose en plus, petit quelque chose qui nous emmène plus haut, plus loin... Un peu comme un mélange de grammage de petites culottes, de pieds meurtris qui puent et de considérations philothéologico (pas chiantes)-c'est quoi ma vie.
En avant route c'est le livre de l'été : suspens (réussira-t-elle?), amour (7 maris? rhoooo), amitié (t'es plus ma copine, Raquel mais t'es ma copine quand même), réflexion sociologique (Compostelle comme seule opportunité d'exister hors de tout marquage socio-professionnel, d'être juste soi, ici et maintenant?)... Et bien plus encore...
Vous n'aimez pas les récits? Vous êtes athée voire hérétique? Ce livre est le livre de votre été... Grimpez dans le sac à dos d'Alix (n'ayez crainte, Compostelle, elle l'a fait 3 fois, elle est solide!) à l'assaut des chemins de Compostelle et à la rencontre des copains de route.
22:19 Publié dans Coups de coeur, Livres | Lien permanent | Commentaires (27) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11.07.2011
Syndrome de l'abandon...
C’est quand je lui ai dit que j’avais repris deux fois des frites à la cantoche et qu’il m’a répondu « Syndrome Subjectif du Traumatisé Crânien » que j’ai compris que mon médecin se foutait de moi.
Le SSTC, c’est le bon plan pour un médecin… Ca en jette, ça impressionne le patient, limite ça le galvanise, et surtout, ça marche pour tous les symptômes. Du coup, on ne l'écoute plus, on ne prend plus sa douleur en compte, on part du principe que tout est psychologique...
Mais c’était sans compter sur la Erin Brokovitch locale. Moi. Sans le décolleté. Enfin si, avec le décolleté mais sans rien dedans. Je l'ai coincé, et du coup, j'ai obtenu mes radios.
Verdict : une vertèbre fracturée, deux tassements, et un syndrome de je ne sais plus qui quoi (Breme, Brame, Merne, Mergne... )
Vous noterez, bande de ploucs, que le syndrome est le IT accessoire printemps-été 2011. D'ailleurs, j'en ai un autre en stock, de syndrome, le syndrome de l'abandon (aussi appelé syndrome de l'intérêt qui retombe comme un soufflé vers la page 200).
Les dernières manifestations :
Il est seul, il est riche, il a un passé amoureux douloureux, il veut mettre un terme à sa solitude ... du coup, il écrit une annonce... elle, la femme simple et honnête, répond, prend le train et débarque dans cette petite ville dont il est le maître économique. Ca démarre très très très fort par un chapitre d'attente sur un quai de gare, le froid intense, les regards insidieux, l'attente, la solitude. Ca continue bien, les deux personnages se découvrent, se jaugent, s'apprivoisent. Ca se poursuit plus lentement, ça discourt sur le désir, ça médite sur le désir, ça philosophe sur le désir, ça remplit des pages et des pages sur le désir... Et puis, ça perd tout intérêt... Je l'ai fini en diagonale. En plus, j'ai eu le droit de me faire engueuler par copine à qui j'avais laissé des messages hystériques lui parlant de chef-d'oeuvre... Je me suis (un petit peu) emballée mais je recommande quand même les premiers chapitres. Bravo à pocket pour cette couverture digne des plus beaux harlequin.
Une femme simple et honnête, Robert Goolrick (Pocket)
Elle court, elle court, elle se prend les jambes dans ses jupes, elle dort dans les fossés. Derrière elle, deux rouquins impressionnants et armés. L'héroïne court, fuit, se pose au gré de ses rencontres, se souvient de sa jeunesse. Très très bon début : deux rencontres successives avec des personnages très forts, une narration haletante et un côté guide de survie dans la nature. Et puis vlan, une rencontre, et donc une pause, qui dure, dure, dure... Là j'ai passé des paquets de 10 ou 20 pages. Je ne me souviens même pas de la fin...
La veuve, Gil Adamson (10/18)
Il était prof, il est devenu fermier... Sa femme, elle, est devenue agent immobilier. Elle le trompe, ils divorcent. Sa chienne meurt. Désormais sans attache, équipé de son puzzle des Etats , il se lance dans son odyssée américaine. Ca commence bien, très très bien, notre héros est fatigué, humilié, attendrissant... Il part et ça continue bien, c'est son premier vrai voyage, ça le plonge dans un état méditatif. Tout est extra. Et puis vlan, il revoit une ancienne élève et ça devient l'odyssée de la baise, sans aucun intérêt. On se demande bien pourquoi un homme qui veut vivre le time de sa life s'embarrasse d'une bipolaire schizophrène hystérique et avec qui même l'amour physique la baise est douloureuse. J'ai arrêté vers la page 100.
Une odyssée américaine, Jim Harrison (J'ai lu)
Ils sont étudiant, ils découvrent la vie, l'amour, la drogue, le sexe, la yourte, les secrets de famille. J'ai tout dit dans ma note précédente... J'ai lâché.
Glam, jalousie et autres cachotteries (étonnant, ce n'est pas le même titre sur toutes les couv'), Cecily Von Ziegesar (Michel Lafon)
11:51 Publié dans Je crois que ça va pas être possible..., Livres | Lien permanent | Commentaires (37) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
03.07.2011
Syndrome Subjectif du Traumatisé Crânien
Cette semaine, en formation, j'ai remarqué que j'avais un très très long poil sur mon poignet. Je l'ai mesuré, il fait 2,5 centimètres. Je pense qu'avec un bon coaching, de l'entraînement et tout, je peux l'emmener jusqu'à au moins 6 centimètres.
Ca fait des semaines que je m'engueule avec mon médecin qui veut absolument que je sois affectée du syndrome subjectif du traumatisé crânien. Moi je maintiens que non... Je dois admettre que le projet poil, là, ça me met le doute. Et puis c'est pas tout. Depuis l'accident, j'ai lu deux auteurs français dont David Foenkinos (qui doit être l'auteur qui m'attire le moins de la terre). Et puis là, le pompom, je lis "Glam, Jalousies et autres cachotteries" de Cecil gossip girl. Je ne le lis pas, je le dévore. C'est nul, l'histoire est nulle (il n'y en a pas), l'écriture est nulle... mais ça me passionne.
Des jeunes, un babos, une bombasse, une hystéro, un sportif lobotomisé, arrivent à Dexter pour leur première année de fac. Ils sont bien-sûr aux antipodes les uns des autres (des friqués et des pauvres, des voyous et des innocents, des putes et des nonnes...), ils se détestent et s'attirent en même temps (grr). Ils ont de terribles secrets (enfin je crois). Ils vont découvrir la vie d'étudiant (pas les cours hein, juste le sexe et la drogue). Et puis il vont croiser une paire d'autochtones et un mystérieux sdf...
Ouais, j'appelle le médecin demain pour m'avouer vaincue.
ps1 : en plus, je le lis en français.
ps2 : je crois que je veux me débarrasser de cette preuve de ma régression mentale... une autre traumatisée crânienne le veut-il ? Il peut voyager (longtemps et loin).
ps3 : j'ai failli oublié : XOXO!
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