28.11.2010
Eblouissante gagnante du prix "Qui qui va être lu par Juju"
En direct de Lonchamp, retrouvons José Covès :
"Ils étaient 4 concurrents âgés de quarante ans et plus, au départ de la course pour le Prix QUI QUI VA ETRE LU PAR JUJU, sur l'hippodrome de Lonchamp, la première épreuve du GGH (Gros Gros Handicap), disputée sur la distance de 1200 mètres en ligne loin d'être droite avec un terrain miné.
Sur la ligne de départ, casaque noire brodée "un lieu incertain", toque noire, nous notons le retour de Vargas. A l'envers dans son box de départ, il y a fort à parier que l'étourderie de son jockey Adamsberg la fasse partir dans la mauvaise direction, à travers champ...
Casaque blanche, toque blanche floconneuse, la présence de Trévanian est sujette à controverse vu qu'il est entrainé par le mari de l'égérie de la course. Afin de lever tout soupçon de favoritisme, on l'a affublé d'un handicap : du matériel d'alpinisme raccord avec le thème de "la sanction".
Notre looser pathétique est fidèle au poste ... Comme à chaque course, Guy Le Boterf, aujourd'hui affublé d'une cravate à rayures du plus bel effet, essaye de croire en sa chance. Nous savons tous que son "se former à l'ingénierie de formation" ne sortira même pas du box...
Et enfin, casaque couleur ironie, toque couleur venin, nous avons Amy Wingate. Propriété de Willa March, cette outsider, inscrite à la dernière minute, bénéficie du suprême avantage d'être coachée, boostée, propulsée par une Cunéipage au top de son enthousiame.
Quelle étrange course que celle-ci. La Wingate, comme téléportée sur la ligne d'arrivée, n'aura laissé aucune chance à ses adversaires, pas même celle de s'élancer.
Le prix QUI QUI VA ETRE LU PAR JUJU qui d'habitude dure des heures, voire des jours, ne nous aura pas pompé l'air longtemps cette semaine, et c'est une bonne chose.
Mais intéressons nous à la gagnante.
Célibataire d'âge mûr, Amy Wingate, une anglaise propriétaire d'une superbe petite maison victorienne avec vue sur la mer (dont la description a de quoi faire rêver n'importe quel ermite en devenir), décide de tenir un journal intime. Trois sujets récurrents dans ce journal : ses souvenirs, sa relation amicale actuelle avec un jeune homme et l'analyse acerbe du petit monde qui l'entoure, petit monde se composant essentiellement de Francesca, de la famille de Francesca et de la cour de Francesca.
J'ai bien aimé mais ce n'est pas l'hystérie non plus. Au début, j'ai retrouvé le thème de "Best Love Rosie", une femme de cinquante ans seule et sans enfants est forcément, pour les autres, une femme malheureuse. Amy voit ce jugement dans toutes les phrases qu'on lui adresse. Au début, c'est bien vu, c'est souvent drôle... et puis ça lasse! D'autant que, sur ce sujet, l'auteur va moins loin que Nuala O'Faolain dans la réflexion et que le style sacrément lyrico gnangnan, dû au concept "journal intime", limite la portée du propos. L'histoire avec le jeune Gary m'a complètement indifférée. Par contre, les souvenirs d'enfance et d'adolescence d'Amy sont très émouvants, agréable à suivre.
Et il y a Francesca. Principal vecteur de la vie sociale d'Amy, elle en est sa principale cible. Elle morfle la mère Francesca... Elle morfle grave... La moindre de ses attitudes ou réflexion donne lieu à un décryptage ironique de la part de notre vieille peau autodéclarée. Au moment où je me disais "si tu l'aimes si peu, arrête de la fréquenter" (j'ai horreur de ceux qui critiquent les gens qu'ils fréquentent pourtant par choix...ça m'exaspère), Amy écrit des mots tendres sur Francesca; du coup Amy et moi sommes restées copines jusqu'à la fin du livre.
Les passages que j'ai le plus aimés sont ceux avec Margery, l'amie de longue date d'Amy. Copppppppppiiiiiiine et moi dans 20 ans... Margery capable pendant des heures de disséquer la situation de Francesca avec Amy alors qu'elle ne la connaît même pas... C'est tout nous!
Bon allez, on va dire que la méchanceté, l'impression de regarder par le trou de la serrure ce qui se passe chez les autres et quelques belles petites perles d'écriture remportent le morceau...
A propos de Francesca : "L'emploi du mot "petite" est une autre de ses façons - sans doute inconscientes - de maintenir sa supériorité. Une "petite dame" lui confectionne des vêtements sur mesure et un "petit monsieur" vient entretenir son jardin. La "petite femme" du magasin du village "l'adore" et lui fait livrer du thé spécial - impossible pour francesca de boire le thé ordinaire des simples mortels - et, naturellement, il y a aussi une "petite fille" qui "fait" pour elle et qui, bien sûr, est un véritable trésor. Le monde de Francesca est peuplé de nains."
Merci à Cuné pour le prêt, à Cathulu pour l'envoi... J'attends l'adresse de Fashion pour pouvoir faire suivre (mais où qu'elle est elle répond pas)...
18:59 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note








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Le journal secret d’Amy Wingate – Willa Marsh
Aborder la ménopause une bouteille dans chaque main, c’est peut-être pas mal. Ecrire un journal peut être une bonne alternative. C’est le conseil que donne son médecin à Amy Wingate qui aborde sa cinquantaine et se sent de plus en plus susceptible. Sus...
Trackback par : Amanda Meyre | 13.12.2010
Commentaires
Écrit par : cathulu | 28.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : juliette | 28.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : fashion | 28.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : juliette | 28.11.2010
Bref, va falloir que le Père Noël sois blondé cette année, j'ai des trucs à lui demander niveau bouquin...
Écrit par : Océane | 28.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : juliette | 03.12.2010
Écrit par : keisha | 30.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : juliette | 03.12.2010
Écrit par : sandy | 30.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : juliette | 03.12.2010
Écrit par : fashion | 30.11.2010
Répondre à ce commentaireÉcrit par : juliette | 03.12.2010
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